Respiration

A Charles

Je me souviens. C’est bien…
Au loin d’une certaine marche, alors que le ciel était d’un vieux bleu déchiré par des anges d’orange, le sentier s’est arrêté net. Perdu, là, dans les broussailles… Sans coup férir ou presque. Alors, celui qui a pour vocation de nous guider, s’est égaré puis éteint. Il a rendu son âme. Il restait l’immensité du devant. Et tout autour… Qui nous imprègne à fleur de peau. Il avait pourtant bien donné quelques signes. Une trace moins “encrée“ au sol, un peu hésitante, rétrécie… Des soubresauts souffreteux. Mais je ne l’avais pas trop cru. Il faut avancer m’étais-je dit. Jusqu’au prochain croisement qui redonnera du sens à ce sentier asphyxié. Pourtant, il était mal en point, de plus en plus seul. Et au fur et à mesure de mes regards, sa ligne s’étouffait, épuisé par les assauts des “mauvaises herbes“.
Puis une ultime courbe, comme un dernier souffle. Et moi, je reste là, désarçonné debout… A regarder quand même s’il ne reprendrait pas un peu plus loin, à chercher une autre voie puis, sous le silence de mes yeux, à me dire : où vais-je aller maintenant ?
Je me souviens, je me suis mis à genoux et j’ai respiré comme j’ai pu.

« Comment cela se fera-t-il ?“

La marche, parce qu’elle symbolise plus que tout autre dans son trajet le parcours de la vie, est notre préceptrice la plus précieuse. Elle nous “travaille“ et nous enseigne ces fameuses “leçons de choses“ qui parsemaient, d’une pointe de mystère, les emplois du temps studieux des écoliers du siècle dernier.
Je reçus l’une de ces leçons alors que je suivais une interminable crête immobile et sortais à peine d’une nouvelle liaison de quelques semaines avec mon encombrant mais vénéré philosophe et compagnon de route, Spinoza. Un peu secoué, comme à chaque fois que je m’extirpe de lui, je m’interrogeai dans sa foulée – mais avec toute l’humilité nécessaire – sur quelle pourrait bien être une lecture profane de la Rédemption, cette surannée scorie biblique qui détermine encore bien souvent la marche des hommes. Et j’étais donc là cheminant les mains dans les poches, bien aéré au souffle de l’altitude, à essayer vainement d’incarner dans mes pensées la Rédemption, débarrassée de ses oripeaux de par trop codifiés sur fond d’Enfer, de Péché Originel ou autre sempiternelle Prédestination.
Et soudain, alors que la crête s’évanouissait dans un fatras minéral pour me laisser seul à l’assaut d’un pic sévère et qu’un peu fourbu je choisissais de m’asseoir quelques instants pour reprendre des forces, me vint à l’esprit la première phrase rapportée de Marie dans l’Evangile de Luc (le seul des 4 qui lui donne la parole) : “Comment cela se fera-t-il ?“ Une question somme toute simple mais qui questionne, à chacune de ses occurrences, le moment précis où nos trajectoires sont interrompus dans leur linéarité et qu’elles doivent relever le défi de la différence ou du changement.
Alors, c’est vrai, je contemplais de mon lit de pierres ce sommet et me demandai : comment cela se fera-t-il ? Comment trouverais-je les forces et l’énergie (et le souffle !) pour monter là-haut sur la montagne. Et je ne n’imaginais plus me relever tant j’étais bien… sans me renier que j’allais me relever quand même.
Mais quand ? Comment cela se fera-t-il.. C’est alors qu’un milan noir vint se poser pas loin de moi, à ma hauteur. Il me dévisagea puis poussa son huissement si caractéristique – qui se termine dans un tremblement très mélodieux – et commença à battre des ailes de telle sorte que je l’interprétais comme une invitation à la relève. Puis quand il vit que je me remettais debout, il reprit sa course aux grands airs. “Voilà comment cela s’est fait“, me dis-je, tout dans mon sourire… et j’avalai mon rugueux dénivelé le cœur léger, baigné d’une insouciance toute gracieuse.
De cette expérience me vient une certitude : on ne peut relever personne d’en haut. Il faut descendre à son niveau pour remonter avec lui. La Grâce ne vient pas d’en haut mais du bas, du sol, du fond. La Grâce monte sur nous d’une aubaine ; de toutes ses forces, elle pénètre alors et relève celui qui est tombé.

Le soir venu, au coin du Feu

La marche m’a, pas à pas, livré une certitude. Celle de m’affranchir de l’espoir. Et de ses artifices “manuels“ transmis à la va-vite, comme espérer demain de peur de me désespérer aujourd’hui.
Vivre d’espoir, c’est mourir de peur.
Cette libération politique d’abord, éthique ensuite, ne m’est pas tombée du ciel… Non, c’est le chemin qui me l’a dessinée. Dans ses tendres rondeurs et ses rebonds bienveillants, ses offrandes impétueuses, à cet instant prié où “l’Etoile pleure Rose“ (Rimbaud) – un peu l’encens de l’orphelin cette stupéfaction juvénile ! – ou encore au creux rigoureux d’un Midi glacé, étendu à même la rocaille. Quand le Verbe se réduit enfin à quelques brumes lointaines et surtout, silencieuses ! Une goutte de vent vaut bien le souffle de la pluie si on se défait de l’espoir comme on se débarrasse d’un sac trop lourd, le soir venu au coin du feu…
Dans cet apprentissage draconien du présent qui donne de l’au-delà un vide factice, l’espoir est païen. Seule la Nature et ses enfantements sont théologiques. Annihiler l’espoir et son cortège funèbre de bienséances, refuser cette dialectique vibrionnante d’un Mal pour un Bien est ma béatitude. Je n’ai pas besoin d’espérer pour croire en une vie ornementée de quelques paradisiaques promesses, je l’ai !

Quand bien même j’aurais peur…

Je ne sais pas si vous arriverez à voir cette histoire comme moi à y croire…
J’ai déjà eu l’occasion de vous raconter ici à quel point la marche solitaire m’offrait à la lumière de son aveuglement des détours spirituels et parfois mystiques… Qui lorsque je “reviens à la maison-raison“ résonnent en moi sous l’allure de quelques picotements persistants puis s’effacent peu à peu, comme un signal sonore s’amenuise dans le vacarme… Pourtant, là, ce fut différent… Et le bruit demeure fort dans mes yeux…
J’avais choisi un long vallon, bien à l’écart des passages, enfoncé dans son creux suspendu. Le sentier y psalmodiait ses murmures curvilignes, à l’abri d’une mer de chênes verts, touffus et serrés comme à la parade… C’était le grand silence de Midi… Celui qu’on ne partage pas…
Je m’occupai l’esprit à repenser avec une tendre malice à ce Moïse décrit par Goethe dans son Divan d’Orient et d’Occident : un enfant gâté, bourgeois fantasque, être pleutre et veule, inexpérimenté, un brin présomptueux, égarant pendant 40 ans (que l’auteur ramène selon ses sources à 2 ans) son peuple dans un territoire à peine grand comme la Croatie, échouant dans toutes ses négociations avec les tribus locales, menacé de multiples séditions, malmené par ses proches, trahi par son avant-garde…
Cette légèreté me donnait à sourire tant elle s’accordait si bien à mes pas qui flottaient de facilité et se moquaient, dans leur fraicheur naïve, de tous les commandements. Les heures passaient ainsi, étirées, libérées à poursuivre cette sente éloignée de tout soupçon. Au fil de son cours, elle finit par me laisser à l’orée d’un vaste pré en friche au bord duquel se trouvait une massive ferme abandonnée, jugulée par de folles herbes tricotant le parfait amour avec sa carcasse minérale, ruinée à l’or du Temps… Amusé à faire le tour du propriétaire, je découvris à l’arrière un chêne blanc, immense et probablement séculaire, dont j’avais aperçu la cime lors de mon approche… Une figure tutélaire de commandeur offrant sous son ramage un séjour frais et ombré de toute splendeur… J’étais en admiration quand, soudain, sortit à quelques mètres de moi, littéralement du tronc (en tout cas, c’est ainsi que je me le remémore), une femme aux cheveux blonds crénelés, entre deux âges, vêtue d’une chemise bouffante ivoire, d’un large pantalon vert pomme et d’un sac à dos famélique… Honnêtement, cette double apparition – d’abord le chêne comme une tour de Babel puis cette présence féminine presque virginale – me saisit. J’étais à l’arrêt un peu troublé quand elle me sourit et me salua. Très vite, nous nous mîmes à échanger debout quelques civilités convenues de marcheurs mais je remarquai tout aussi vite qu’elle éludait chacune de mes questions par une nouvelle à mon attention… Au bout d’un maigre quart d’heure, nous étions complices, frères ou sœurs, mais ne savais toujours pas la moindre chose sur elle alors que je lui avais déjà révélé avec forces détails qui j’étais, où j’allais, d’où je venais… Elle me tenait et je me sentais comme délicatement prisonnier d’une étreinte impalpable… Puis vint l’heure de la séparation, comme une décision qu’elle aurait prise sans m’en parler… Elle m’invita alors à la prendre en photo… Je trouvai cela sur le moment étrange, outre que je suis peu enclin à cette pratique, mais m’y résous avec mon téléphone… Je m’exécutai la cadrant à la va-vite sous ce chêne tentaculaire, vertigineux dans ses clairs-obscurs… sans prendre le temps de contrôler ma prise… Probablement par pudeur et aussi parce que je ressentais une inquiétante émotion en moi qui m’orientait à privilégier la fuite à tout autre rituel.
Un peu plus tard, revenu à mon désert mais toujours à l’égarement de cette rencontre, je décidai de marquer la pause pour regarder le cliché numérique… Sur l’image, il y avait bien le chêne…
Mais nulle présence d’elle…
Juste une absente…

Une ombre au tableau

Certaines marches ont la nudité verticale. Tirées au cordeau. Raides. Plus vides que d’autres… Sans âme qui vive, ni congénère à saluer, ni rencontre fortuite… Lors de ces cheminements de carence, j’en viens parfois à considérer les grands pylônes électriques comme de nouvelles espèces d’arbres nécessaires, endémiques à l’Humanité et à les accepter tels des novices de la confrérie forestière ; et les lignes qui les relient, comme d’inédits sentiers à suivre non plus des pieds mais des yeux. Eh oui… Quand on cherche à mendier, on ne se résout que rarement à la fatalité…
De ce silence et de ses ombres traçantes naissent souvent de nouvelles retrouvailles. Ainsi, l’autre fois, réduit à ces oraisons déshabillées, je me disais que j’avais peut-être pénétré dans Le Fatal Bois des Pas Perdus, cette grande forêt pleine de labyrinthes, dédales, énigmes où règne le nain Roulon dont le plaisir licornien est d’errer dans les servitudes de passage pour y égarer les passants. C’est un fanfaron, ce Roulon ! Parce que depuis son lac d’altitude alpin, il engendre deux ruisseaux qui deviennent et le Rhin et le Rhône, il se prend pour le père de la Méditerranée et de l’Océan (non, mais !?).
Pourtant l’heure est grave… Je sais que celui qui est entré dans ce bois n’en ressort jamais… Mais peut-on vraiment rentrer dans ce dont on ne ressortira jamais ? Au delà de cette rhétorique facile, la question me fige… Car chacun de nos pas est un pied-de-nez à la liberté…
Une douce rage rebelle !

“- Moi, patou qui garde le troupeau… Toi, marcheur ?“

C’était une petite route de campagne bien plate. Je n’avais pas vraiment prévu de la prendre mais je l’avais imaginée comme un raccourci… Et puis reconnaissons que son relief lisse avait de quoi séduire mes jambes estourbies.
Elle était donc là cette route, un peu toute seule au milieu des vignes et des oliviers… un peu cabossée aussi, avec des souvenirs plein les ornières et des lambeaux de goudrons dispersés ça et là…
Le ciel, assez bas et tout granulé de nuages, vaquait à ses occupations printanières, patient à laisser gyrovaguer un vent qui aurait donné le tournis à la première girouette venue. Je cheminai quand soudain, au sortir d’un virage à angle droit et à portée de vue, j’avise un nuage de poussières fumeux qui me barre la route. Très vite, je perçois aussi un tintinnabulement chaotique et quelques bêlements caractéristiques d’un troupeau de moutons… Auxquels s’ajoutent bien vite, venus d’une ferme voisine, des glougloutements, des cancanements et autres cacardements révélateurs d’une cohorte de volailles de basse-cour. Je m’apprête alors à me ranger de côté pour laisser passer le convoi transhumant quand je vois surgir du mur de poussières les premières bêtes qui, têtes baissées comme ployant sous un invisible joug, se déportent brutalement à gauche et s’engouffrent à pleine vitesse dans un champ attenant à la route. Je m’immobilise un peu stupéfait de ce mouvement parfait qui se perpétue pendant de longues minutes dans un vrombissant concert allant crescendo, quelques chiens de voisinage se joignant depuis leurs clôtures à la fête.
Enfin, la route m’apparaît à nouveau, encore trempée de poussières, mais totalement dégagée. Ne reste alors plus, au beau milieu du chemin, qu’un massif patou blanc graillonneux (dont les circulaires administratives à l’usager des randonneurs affirment le caractère potentiellement dangereux…) et derrière lui, à hauteur du champ, la silhouette longiligne du berger stationnée sur le bord. Pendant que je m’adresse à lui à forte voix (nous sommes éloignés d’une cinquantaine de mètres et les volailles n’ont pas baissé d’un cran leur cacophonie) pour savoir si je peux reprendre mon pas (après tout, c’est un professionnel et je lui dois la priorité absolue, moi simple amateur) le chien arrive à mes côtés, imposant mais sans agressivité, ni aboiement.
Il me dévisage d’abord longuement un peu comme un scanner qui chercherait à m’identifier pendant que je m’efforce de me donner une contenance posée et détendue puis se met à renifler méthodiquement mes pieds.
Enfin, visiblement satisfait de son enquête, il se place à mes côtés et s’immobilise. Je vois alors le berger me faire de grands signes m’invitant à avancer. Je m’y résous, immédiatement suivi de mon compagnon qui m’emboite le pas. J’avance, ainsi escorté jusqu’au berger, un très bel homme, grand et tout en finesse, au visage cuivrée, éclairée par des yeux bleus soyeux-délavés et une abondante tignasse d’ébène.
– Je peux passer ? lui demandé-je toujours un peu impressionné et presque timide.
– Mais oui !, me répond-il d’un accent rieur… J’ai rangé mon troupeau pour cela…
– Ah pardon, je suis désolé… Je ne voulais pas vous déranger…
– Y a pas de mal ! Vous savez, je ne suis pas pressé… Dans mon métier, les jours se comptent en saisons. Et puis 1 500 bêtes qui vous déboulent dessus quand on n’a pas l’habitude, cela peut être dangereux…
Je sens le sourire monter dans mes veines. J’aurais des milliers de questions à lui poser. Et notamment sur la Beauté du Monde… ou le Chant de la Terre. Mais l’émotion m’étreint. Je me tais face à ce geste, mécanique pour lui, luminescent pour moi.
Je le recouvre à l’étouffée de mercis et reprend ma route… pour m’arrêter quelques dizaines de mètres plus loin, me retourner et contempler les bêtes qui se remettent en route, houspillés par un autre chien, obstiné à mettre un peu d’ordre dans ce réjouissant capharnaüm…
C’est à ce moment-là – où les ultimes moutons viennent s’aligner dans les derniers rangs, que le nuage de poussières reprend vie et avec lui, le bal des clochettes sans oublier nos amies de basse-cour qui redoublent de vigueur – qu’un Mirage 2000, venue d’une base militaire voisine, passe au dessus de nous à basse altitude et dans un titanesque fracas supersonique réduit d’un seul trait tout ce vacarme au silence absolu…

Plus tard, j’attendais le train dans une gare presque perdue, confortablement assis par terre sur un semblant de pelouse sauvage, le dos calé contre un platane en plein soleil. Je me dis que ce jour-là, à cette heure précise, sur ce chemin imprévu, la Grâce et la Providence s’étaient données, ensemble, rendez-vous…
Pour un peu, je me serais cru à mon anniversaire !…

Barcarolle en eaux vives

Pour le marcheur essoré que je suis, la figure tutélaire du pont est toujours un point d’interrogation, arc-bouté à 3 points de suspension.
Maintenant que j’arrive à la rive, que dois-je choisir ?…
Me l’approprier et donc, repousser l’assaut ?…
Jouir et contempler… les yeux rivés sur cette subite Terre Sainte parcourue sans dérive comme un livre d’heures?…
Réciter, là, assis entre deux herbes folles, ce passé imparfait ?… Ou bien plutôt, passer vite ce passé, m’emparer du pont et courir, les armes aux pieds, vers cette nouvelle Terre Promise ?…
Et si, “malgré tout“, le pont, à sa bonne fortune, était le point d’arrivée ?…
Pourquoi faudrait-il franchir le pont et renoncer à cette arche d’alliance posée là sur une ligne de vie qu’elle soit fluviale, routière, ferrée ?…
Le pont est-il la rupture de chair, de pierres de mon itinéraire ou sa continuité signifiée ?…
Faut-il « prendre » son sens ?…

Plus que jamais, ce questionnement résonna en moi alors que je cheminais vers Dresden le long des berges herbeuses de l’Elbe à la recherche du mythique Vase d’Or d’Hoffmann. J’approchai alors du plus vieux pont de la ville, sublime miraculé de tant de désastres naturels et militaires… Ce Pont Auguste qui, un mauvais soir d’hiver 1945, a noyé dans la douleur d’un marteau pétrifié les dernières flammes barbares… Une douleur revenue à l’errance, damnée des yeux, immortelle malgré elle, exilée à l’ennui.
Un crépuscule de cuivre inondait, dru, les rides du courant… Passa alors au lointain un vertige, un amas sale. Et passa encore… Un hoquet et l’arasante nausée… Je me demandai alors :
– Que sont ces flots écœurés qui, dans leurs courbes, écrivent depuis le Grand Est le silence du reflux et des reclus promis au grand incendie ?…
– Comment, clapotis d’insouciance, avez-vous pu assécher à ce point l’horreur ?…
Et j’enrage…
– Où trouverai-je un berceau pour poser mon Ennui colporté comme un bibelot ?… Est-ce enfin ici dans ces gravats de couleurs que je pourrais éternuer à son nez rosé ?…
Je m’apaise…
– Est-ce ici, ou un peu plus loin, à l’à pic de ces châteaux de grès que je pourrais boire au Vase d’Or, celui que me tendra le serpent au regard bleu et qui m’amènera à temps à la liqueur de sa bouche ?

Pendant que les dernières lueurs s’enroulent encore à l’ovale millénaire, un songe passe : se pourrait-il que l’Amour… Que Lui, tout seul… Qu’Il ait pu…
Mais il s’évanouit à l’onde rieuse de l’Elbe sans faire sens, sans redonner vie…
C’est une ombre sans réponses qui ondule aux arches lacérées du Pont.
Une figure de l’abandon, âme en peine…
Une marcheuse qui dort au lointain…
Une dormeuse qui murmure aux verdures des fleuves
ces infinis chemins qui semblent toujours partis pour nous ramener…