Respiration

A Charles

Je me souviens. C’est bien…
Au loin d’une certaine marche, alors que le ciel était d’un vieux bleu déchiré par des anges d’orange, le sentier s’est arrêté net. Perdu, là, dans les broussailles… Sans coup férir ou presque. Alors, celui qui a pour vocation de nous guider, s’est égaré puis éteint. Il a rendu son âme. Il restait l’immensité du devant. Et tout autour… Qui nous imprègne à fleur de peau. Il avait pourtant bien donné quelques signes. Une trace moins “encrée“ au sol, un peu hésitante, rétrécie… Des soubresauts souffreteux. Mais je ne l’avais pas trop cru. Il faut avancer m’étais-je dit. Jusqu’au prochain croisement qui redonnera du sens à ce sentier asphyxié. Pourtant, il était mal en point, de plus en plus seul. Et au fur et à mesure de mes regards, sa ligne s’étouffait, épuisé par les assauts des “mauvaises herbes“.
Puis une ultime courbe, comme un dernier souffle. Et moi, je reste là, désarçonné debout… A regarder quand même s’il ne reprendrait pas un peu plus loin, à chercher une autre voie puis, sous le silence de mes yeux, à me dire : où vais-je aller maintenant ?
Je me souviens, je me suis mis à genoux et j’ai respiré comme j’ai pu.

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