Le soir venu, au coin du Feu

La marche m’a, pas à pas, livré une certitude. Celle de m’affranchir de l’espoir. Et de ses artifices “manuels“ transmis à la va-vite, comme espérer demain de peur de me désespérer aujourd’hui.
Vivre d’espoir, c’est mourir de peur.
Cette libération politique d’abord, éthique ensuite, ne m’est pas tombée du ciel… Non, c’est le chemin qui me l’a dessinée. Dans ses tendres rondeurs et ses rebonds bienveillants, ses offrandes impétueuses, à cet instant prié où “l’Etoile pleure Rose“ (Rimbaud) – un peu l’encens de l’orphelin cette stupéfaction juvénile ! – ou encore au creux rigoureux d’un Midi glacé, étendu à même la rocaille. Quand le Verbe se réduit enfin à quelques brumes lointaines et surtout, silencieuses ! Une goutte de vent vaut bien le souffle de la pluie si on se défait de l’espoir comme on se débarrasse d’un sac trop lourd, le soir venu au coin du feu…
Dans cet apprentissage draconien du présent qui donne de l’au-delà un vide factice, l’espoir est païen. Seule la Nature et ses enfantements sont théologiques. Annihiler l’espoir et son cortège funèbre de bienséances, refuser cette dialectique vibrionnante d’un Mal pour un Bien est ma béatitude. Je n’ai pas besoin d’espérer pour croire en une vie ornementée de quelques paradisiaques promesses, je l’ai !

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